Sculpture de Muses à la Collégiale Saint-Martin à Angers

Suite musicale en 3 mouvements concertants pour l’exposition de la sculptrice Parvine CURIE

SCULPTURE DE MUSES fait l’objet d’un CD en édition limitée signé par Parvine CURIE - renseignements

(présentation et analyse des oeuvres ci-dessous)

1er mouvement - INSPIRATION - Impetuoso - Concerto pour piano seul

composition et interprétation sur Steinway D Patrick DEFOSSEZ

Création mondiale lors de La Nuit blanche à la Collégiale Saint-Martin à Angers le 6 octobre 2012

Patrick.DEFOSSEZ

Ci-dessous 3 extraits sonores au format mp3

Conterto pour piano seul Inspiration-Impetuoso - extrait1 9′18″ - 1er mouvement-P.DEFOSSEZ-Sacem2012

Conterto pour piano seul Inspiration-Impetuoso - extrait2 10′44″ - 2ème mouvement-P.DEFOSSEZ-Sacem2012

Conterto pour piano seul Inspiration-Impetuoso - extrait3 7′35″ - 3ème mouvement -P.DEFOSSEZ-Sacem2012

2ème mouvement L’IDEE - adagio pour électroacoustique live, vidéo et dessins de lumière

composition et interprétation Anne-Gabriel DEBAECKER - sculpture de samples live

vidéo et dessins de lumière Sylvie de MEURVILLE

Création mondiale à Angers le 18 novembre 2012

Extrait sonore au format mp3 - 23′14″

L’Idée-adagio - extrait - Anne-Gabriel DEBAECKER-Sacem2012

3ème mouvement - L’OEUVRE - con alma - pour piano acoustique, électroacoustique live, vidéo

composition et interprétation le Duo AUTRES VOIX de PIANO

Patrick DEFOSSEZ - piano acoustique - Anne-Gabriel DEBAECKER - sculpture de samples live

Création mondiale à Angers le dimanche 9 décembre 2012

P.DEFOSSEZ

Ci-dessous 3 extrait sonore au format mp3

Duo Autres Voix de Piano - L’OEUVRE-con alma - extrait2 14′09″ - P.DEFOSSEZ/A-G.DEBAECKER-Sacem2012

Duo Autres Voix de Piano - L’OEUVRE-con alma - extrait1 8′42″ - P.DEFOSSEZ/A-G.DEBAECKER-Sacem2012

Duo Autres Voix de Piano - L’OEUVRE-con alma - extrait3 9′02″ - P.DEFOSSEZ/A-G.DEBAECKER-Sacem2012

ingénieur du son André VOLTZ

Vidéo et dessins de lumière - Sylvie de MEURVILLE

Sculpture-de-Muses-Angers2012-S.deMEURVILLE/P.DEOSSEZ/A.G_DEBAECKER-SACEM2012

S.deMEURVILLE

Pour les 3 concerts : Ingénieur du son André VOLTZ / Photos et vidéos © Jean-Patrice CAMPION - Angers

pour en savoir plus …

La NUIT BLANCHE à la Collégiale Saint Martin d’Angers le 6 octobre 2012

Présentations et Analyses musicales de SCULPTURE DE MUSES

3ème mouvement L’OEUVRE - con alma, dernier mouvement de Sculpture de Muses, compose un temps organisé de narrations abstraites dans lequel plusieurs éclats temporels (celui de la musique, des arts et de la poésie) trouvent les conditions d’un dialogue avec l’oeuvre de Parvine Curie mais aussi avec l’écrin patrimonial de la Collégiale Saint-Martin d’Angers.
Synthèse synesthésique (rapport image-son, son-image, son-mouvement) entre différentes stratégies temporelles, L’Oeuvre - con alma croise différents médiums à forte portée symbolique : la partition musicale (entre acoustique et électroacoustique), la partition lumineuse (dispositif visuel), la partition chorégraphique d’images fixes et mobiles (réseau de mouvements visuels en contrepoint avec la matrice sonore), le tout s’unissant pour enrichir la palette expressive de cette oeuvre audiovisuelle.
Au delà des facettes historiques et chapelles contemporaines, l’oeuvre de Parvine Curie s’inscrit dans l’intemporel de la sculpture et nous impose une réflexion sur l’attente et l’imprévisible, quelque part entre écriture et improvisation.
Le médium visuel, particulièrement, préside dans L’OEUVRE - con alma à cet art de la variation perpétuelle, entre écriture fixée et écriture instantanée où le geste dessiné, coloré, pixélisé de textures, couches, ramifications, proliférations, interactions, … semble en suspension, interrogatif, ne se figeant pas, … .
En faisant résonner l’espace de la Collégiale de nos entrelacs chromiques et chromatiques, L’OEUVRE - con alma donne corps à l’énergie de la plasticité du son et des images déployés, explicitant de fait nombre de paramètres implicites de l’oeuvre de Parvine Curie.

Une forme de mutualisation de temps et d’espaces qui immerge créateurs, interprètes et spectateurs, tous engagés dans l’interprétation des temps de vies de Parvine Curie (ces temps indéfinissables nécessaires à la sculpture), ces tant de vies dialoguant avec l’interprétation de nos esthétiques sonores et visuelles assemblées. Patrick DEFOSSEZ 15 décembre 2012

Dans les grillons de la nuit se parlent les architectures
celle de la collégiale (St Martin)
celle des sculptures et voiles (de Parvine Curie)
celle du trio concertant
les dessins de lumière (de Sylvie de Meurville)
les sonorités brutes, âpres, noires et blanches du piano acoustique (de Patrick Defossez)
les ondulations des toiles électroacoustiques (d’Anne-Gabriel Debaecker)
Le vaisseau de musique du Duo Autres Voix de Piano s’avance en un voyage dans la fluidité de l’improvisation dialoguée, fait escale en des points de rendez-vous précédemment explorés par chacun des musiciens, magnifiés par la spatialisation de la diffusion (d’André Voltz) dans les 3 espaces de la collégiale, le chœur, le transept et la nef
Le pianiste extrait, fait naître d’un chaos de touches, marteaux et cordes, de grandes structures, colonnades, plans, arcades arches, voûtes, dalles, se mains courent sur les parois de pierre taillée
L’électroacousticienne émet les textures irisées, colorées qu’elle sculpte aussitôt, ouvrant fenêtres et passages pour aller à la rencontre du mouvement des reflets sur la peau des sculptures de bronze, d’ébène ou de marbre blanc, à la rencontre des lumières diffusées depuis leur intérieur, pour en saisir l’instant de grâce.

La percussion des bols en cristal et leur chant fait lien entre ces technologies froides et clignotantes et l’esprit de poésie qui sous-tend la composition pour donner à entendre des moments de sensualité qui font sens. Anne-Gabriel DEBAECKER 9 Décembre 2012.

Plus ouverte sur l’espace de la Collégiale, cette intervention de lumières est construite à 360°.  Les projecteurs mobiles permettent aux images de balayer les murs, les voûtes et mêmes les sculptures. Les éclairages fixes disposés dans la nef et le choeur élargissent la sensation des spectateurs et magnifient les sculptures par leurs ombres portées déployées sur le haut des murs.
Les images mettent en relation plastique les artistes dont les différents langages ont entouré les œuvres de Parvine Curie pendant cette exposition : Yves Jouan par la reprise de quelques uns de ses poèmes, Patrick Defossez par le jeu de ses mains sur le clavier projeté en direct sur le bâtiment, Anne-Gabriel Debaecker par une mise en lumière graphique.

Leurs avatars visuels évoluent sur les murs et les arcs bouttants de la Collégiale à la rencontre des ombres portées des sculptures. Sylvie de MEURVILLE - dimanche 9 décembre 2012

2ème mouvement

Dire un poème dYves Jouan
Avancer, luciole dans les mains
Saluer Mère-Retour  La Porte du Regard  Le Grand Envol
S’installer au piano, jouer les textures sonores floues granuleuses ou lisses
Sculpter cette matière
De la pierre rugueuse ou pétillante au métal ondulant
De la voix parlée à la fluide voix chantée
Du piano-feu rocailleux au piano liquide
De Harpulsol Grizzlharp Chantharp
À Booltacloochee
De Jouxblubdelavoix Pulsterharp Xisiols
À Booltayootl
De Martenondes Charmevox Aquarondes
À Vaguevag
À partir de ces fragments de sonorités, la main de la musicienne transforme, extrait, façonne de nouvelles mélopées
Tandis que celle de l’artiste lumière ouvre un regard particulier
Pour construire une architecture vivante, vibrant sous la lumière, dessinée, écrite, inscrite
Dans la pierre de la Collégiale, qui accueille avec bienveillance cette caresse sur les sculptures
si solides et dont la peau est si tendre si fragile.
Pour faire admirer La Porte du Regard, forte puissante, une mélodie s’en échappe,
Pour faire frissonner Le Grand Envol, les chants se mêlent en sorte de symphonie.
Anne-Gabriel DEBAECKER 18 Nov 2012

Composé en trois thème sen contrepoint avec la composition électroacoustique - la femme, l’architecture, la forêt - mon travail de lumière est une tentative d’évoquer les œuvres du sculpteur à travers  leurs sources d’inspiration : burkha et voiles de femmes, mains, lieux découverts par l’artiste comme Angkhor, l’Inde ou les pyramides, arbres,…
Ce sont les vides dans les sculptures de Parvine Curie qui ont stimulé mon imaginaire.
Des traits de lumière écrivent et dessinent sur les murs de la Collégiale … quelques éclairages qui découpent en négatif les sculptures dans l’espace … le dessin découpe comme un scalpel les murs de pierre tandis que la matière des images résonne sur l’architecture du bâtiment comme un écho lointain aux formes nettes de la sculpture.
Sylvie de MEURVILLE 18 Nov 2012

1er mouvement INSPIRATION - Impetuoso, 1er des 3 mouvements de Sculpture de Muses, sculpte en noir et blanc la masse sonore à l’état brut … est une suite d’événements mélodiques, harmoniques, agrégatiques, émanant de gestes introspectifs et bâtisseurs, … la matière pour ce qu’elle est, en devenir … une oeuvre en dialogue et résonance avec un lieu et des sculptures réelles et imaginaires …  une suite de respirations autour de modules plus ou moins longs … .
Uchronique, cette oeuvre nous expose moult visages des temps sonores lointains re-sculptés à la manière d’aujourd’ “ouï “, un plaintchant contemporain instrumentalisé, un organum naissant, une sauvage domestication sonore d’expressions pianistiques expérimentales, des chants harmoniques, … .

Mais Performance (a-t-on déjà entendu un concerto pour instrument seul de 85’ ?) ou Concerto - écriture orchestrale pour instrument solistique ? - … Une différence ?
Oui car étymologiquement concortare signifie se rejoindre d’où l’idée de réunir des instruments mais aussi lutter, s’opposer dans le sens latin de concertare.

Inspiration - impetuoso tente la convergence entre ces 2 positions.

Performance
INSPIRATION - Impetuoso est une « performance» dans le sens où elle initie un jeu pianistique monstratif induisant par ses gestes et son déroulement temporel une expérience auditive et théâtrale singulière. Le détournement des usages et fonctions d’origine du piano brouille d’une part, les frontières de la réception : est-ce encore du piano, est-ce de la sculpture sonore, du Beaux-arts sonores ? … et d’autre part, brouille les conventions de l’interprétation car deux paramètres compositionnels deviennent éléments constitutifs de l’oeuvre et la finalisent in situ : le temps et l’espace.
L’« écriture préalable » de Inspiration - Impetuoso constituée de notations classiques et de propositions graphiques, produit a posteriori un résultat sonore au delà de l’« éphémérité », sa révélation étant partiellement anticipée.
Du point de vue pérennité, Inspiration - Impetuoso restera une performance dans laquelle seront redéfinis à chaque concert les modalités de son interprétation, mais aussi évoluera pour devenir un “vrai” concerto pour piano et orchestre d’un format temporel plus compacté.
Concerto
Telles les sculptures de Parvine CURIE dans lesquelles s’imbriquent et vivent de nombreux concerts de formes, Inspiration - impetuoso fait dialoguer plusieurs instruments solistes virtuels dans une écriture orchestrale pour instrument seul voire les opposent.
Les nombreux mouvements avec une alternance de tempi contrastés rattachent aussi Inspiration - impetuoso à Concerto grosso voire voire aux Concerto da chiesa ou da camera.

Inspiration - impetuoso conserve la forme classique du concerto de soliste - piano et orchestre - à la différence d’être une conversation en 3 mouvements entre un soliste et son propre instrument.

Elle bouscule tout en respectant les mouvements du concerto classique : 1er mouvement : exposition, développements, cadence solistique improvisée / 2ème mouvement : de nouveaux dialogues tantôt écrits, tantôt suggérés, improvisés, se fondant, s’interpolant à une forme lied (sensibilité et nuances d’interprétation) / 3ème mouvement : Adagio (sensibilité et nuances d’interprétation) vers une dissolution des matériaux.

Elle respecte tout en bousculant les mouvements du concerto classique en mettant en évidence les qualités du soliste telle sa virtuosité (1er et 2ème mouvements par des traits brillants, …) et sa sensibilité (3ème mouvement).

Parmi les sculptures l’oeil voyage, se pose, va et vient d’une perspective à l’autre, est en mouvement rétinien constant, volume l’espace, espace les volumes … mais est-il de même pour la musique et surtout nous accordons-nous la même liberté à nos oreilles ?

Entrons au coeur de la composition …

Pour un cérémonial de l’écoute !

INSPIRATION - Impetuoso a été imaginé pour trois espaces de rayonnement acoustique du piano et quatre espaces d’écoute … voyages du mouvements du son dans le lieu :

- un espace primaire … scène d’écoute micro, interne, linéaire, terrienne, ici …
l’espace de jeu où le public en visualisant l’interprète se rapproche de la source concrète du signal sonore, riche en bruits (mécaniques, …) mais pauvre en déploiement d’harmoniques ; intériorisé, au coeur, en immersion jusqu’pppp voire a niente, le public plonge sa concentration dans cet espace de plans sonores serrés afin de surprendre les micro-sons attachés aux micro-bruits ; une certaine impression d’écoute monophonique se ressent.

- un espace secondaire … scène d’écoute macro, externe, vertical, ailleurs …
une zone de sculptures imaginaires riches en harmoniques que l’on peut qualifier de champ acoustique résultant ou “réalité” sonore augmentée, un espace virtuel subjectif de représentations tridimensionnelles de scènes sonores et d’images masses s’érige à la verticale du piano grâce à la projection ample de matériaux sonores pouvant aller jusqu’au ffff ; un espace holophonique de figures, de formes, d’empreintes spatiales qui se sculpte et colore l’espace; un espace de plans sonores élargis donnant la sensation d’une écoute stéréophonique (dans la sens étimilogique et actuel du terme).

- un espace tertiaire … scène d’écoute latérale, très externe, volumique …
un espace supérieur de propagation (la hauteur du lieu), de réverbération, rendant le milieu acoutique élastique par le gonflement et la dilution progressive des matériaux sonores mis en oeuvre ; permettant aussi au temps de l’écoute latéralisée d’appréhender la vitesse du temps musical qui s’efface.

En résumé, cinq espaces d’écoute (en volume) :
- public > critères perceptifs objectifs pour un espace d’écoute concret et direct
- zone de vigilance > espace séparant le public de la scène et du piano
- piano > très ancré au sol, terrien, champ acoustique concret et espace de discours musicaux et bruitistes intimistes sculpté par l’interprète
- scène > enveloppe spectrale de l’événement musical : la table d’harmonie comme espace de projection sculpturale de matériaux sonores
- lieu > espace de latéralisation, de coloration de l’espace, de dillution des empreintres sonores physique mais pas des empreintes mnémoniques subjectives

D’un point de vue compositionnel Inspiration - impetuoso, chorégraphie de masses et de formes, utilise les techniques de la composition électroacoustique tels le filtrage fréquentiel fondu enchaîné, l’effet de masque, le tuilage progressif d’un état à un autre, … est implique de 3 niveaux de matériaux :
- matériaux primaires constants : lignes d’horizons aiguës, cloches, trilles, …
- matériaux secondaires dynamiques : cellules répétées, clusters, accords archaïques et jeux de graves, sculptures de clusters - chaos et architectures -, lignes de fuites, éléments muets, peaux, constructions chordales, jeux de résonances, …
- matériau tertiaires mélodiques : dissolution mélodique, jeux de résonances …

Dans INSPIRATION - Impetuoso les mouvements d’accélérations et ralentis des gestes (dé)monstratifs du pianiste sont envisagés comme paramètres d’écriture définissant par là un espace dramatique qui sculpte la forme du récit pour le rendre non linéaire.
Il s’agit, dans ce système en mouvement, d’une évolution constante de la matière et des énergies, qui élève le son en une valeur d’espaces et de vision.
Passer avec légèreté de l’intimité microscopique des fragments interprétés - recouvrer le contact avec le concret des matériaux - à une macro-dramaturgie des espaces (cérémonial de l’écoute ci-dessus).

Du chaos émane des formes nouvelles !

Comment INSPIRATION - Impetuoso va-t-elle transformer notre écoute et vision ?
Cela implique l’acceptation de la métamorphose de l’objet solide - la sculpture- en objet indiscible : le son qui en soi devient unité plastique.
Cette expérience multidimensionnelle négocie de manière permanente des frontières de l’écoute et souhaite un rapport adaptatif du public face à l’oeuvre nouvelle … voire envisage un changement de nature de l’oeuvre par l’écoute du public.
Elle métaphore l’espace qu’elle traverse et que l’on écoute.
Elle transmute, transporte ailleurs ce changement d’état, de nature, d’une substance en une autre.
Elle métamorphose les thèmes primordiaux, universaux, essentiels décrits dans l’oeuvre de Parvine CURIE … la vie des sculptures se transforme en voyage du son.
Elle brouille par l’accumulation hétérogène des figures, les processus d’écritures académiques et leurs modalités d’intégration au développement induisant un univers singulier de formes dynamiques, rytmiques, … ouvrant un champ émotionnel à de nouvelles relations acoustiques.

Mais pourquoi tant de mots pour décrire ? … “Nous n’avons pas de langage pour exprimer ce qui est en devenir” … Nietzsche … alors simplement écoutons !

Patrick DEFOSSEZ 10 octobre 2012P.CURIE

Parvine Curie / Ptrick DEfossez

28 octobre 2012 par Patrick Defossez


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Conception, programmation : Michel Cadennes
Charte graphique : Jean-Paul Joubert
Photographies : X
Son : Anne Gabriel Debaecker — Patrick Defossez

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